Prix de littérature de l’Union européenne

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Auteurs primés

Daniele Del Giudice, Italie

A propos de l'auteur:

Daniele Del Giudice est né en 1949. Son premier roman s’intitule Lo stadio di Wimbledon (Einaudi, 1983) suivi par Atlanta occidentale (Einaudi, 1985), une histoire qui nous parle de changements de perceptions et de sentiments, une mutation anthropologique causée par la science et la technologie moderne. Ce même thème du monde scientifique, des innovations dans la vie quotidienne est aussi présent dans les romans et nouvelles suivantes : Nel museo di Reims (Mondadori, 1989), Staccando l’ombra da terra (Einaudi, 1994) et Mania (Einaudi, 1997). Daniele Del Giudice a reçu plusieurs prix : le Viareggio Prize en 1983, le 1995 Bagutta Prize, la Selezione Campiello Prize en 1995 et en 1997, en 2002 le Accademia dei Lincei award for fiction. Outre ses romans Daniele Del Giudice a publié des essais sur Italo Svevo, Thomas Bernhardt, Robert L. Stevenson et Primo Levi. Il vit a Venise où il donne des cours de Littérature théâtrale à l’Université de l’IUAV, University Institute of Architecture.

Editeur:

Giulio Einaudi editore
Uff. proposte editoriali
Via Biancamano, 2
10121 Torino - Italy
Tel. +34 (11) 56561 - Fax. +34 (11) 542903
www.einaudi.it - Agent: antanto@tin.it 

Droits étrangers:

Livre primé:

Orizzonte mobile (Movable Horizon)

Synopsis:

En racontant sa propre expédition au Pôle Sud, Daniele Del Giudice se souvient des récits d’autres voyageurs courageux -la plupart de ces expéditions étant inconnues- avec des naufrages, des navires coincés pendant des mois derrière des barrages de glace, des équipages sauvages et des marins au bord du désespoir ou anéantis par la folie. Ce sont les derniers écrivains d’aventures qui ont créé le mythe et le souvenir du Pays Inconnu et ont souvent connu  des destins tragiques puisque poussés jusqu’à leur extrémités.

Del Giudice voyage jusqu’aux territoires les plus profonds et les plus lointains du Pôle Sud. De Santiago à Punta Arenas au Chili et même plus au Sud, jusqu’à que « se sentant embarrassé et parfaitement martien », il atteint « une autre planète, un corps céleste habité par des millions de pingouins ». En explorant la région, il retrouve dans la glace l’histoire de ce qui a vécu là et de ceux qui ont essayé de s’en approcher.

Avec une œuvre de dentelle narrative, un patchwork de vie et de littérature, l’auteur reconstruit une « hyper-expédition » qui réunit les précédents voyages des explorateurs et retrace leurs circuits à travers le monde en parallèle avec ceux que nous pouvons retrouver dans la littérature. Jouant avec ces différentes perspectives et voix, l’auteur présente un « horizon mobile » dans l’espace et le temps tout en étant stable et de longue durée dans les sentiments qu’il provoque.

C’est un voyage qui dépasse le temps, situé dans un endroit hypnotisant, indifférent aux hommes mais ayant une beauté sublime : de l’ocre jaune des plaines jusqu’aux glaciers qui fondent dans l’eau, au milieu des sommets, la neige éternelle, des précipices et un horizon de glace et de lumière.

Il existe des lieux, histoires, jours, années et périodes géologiques qui dépassent la simple narration linéaire. C’est un ancien paysage naturel qui stratifie tout et cristallise chaque souvenir. Ce récit est le poème de ces mondes parallèles.

Extrait:

Translated by: Anne Milano Appel


... he was stumbling along over the stones without paying any further attention to me,
with that breathless air of ‘I’m late, I’m late’, until he must have convinced himself that his parents had gone off into the sea leaving him behind: only then did he turn toward the water and, dejected and distraught, threw himself in. Now I knew what it was about. The family scene I had witnessed was a critical moment in his training, the point when a young penguin is forced to procure – all by himself, in the sea – the krill and plankton on which he feeds, which prior to a certain time is offered to him from his parents’ beak as regurgitated pulp. I realized that I was anthropomorphizing the penguins, something I had promised myself not to do, and I spoke with Jeremy about it; better to stick to the numerous explanations of the behavior of penguins of different species which the biologists’ expeditions observed and catalogued. The trouble with stories, when it comes to penguins, is that they are told by a sole point of view, the human one. We superimpose what has to do with us over their inexhaustible imagination and curiosity, changing its meaning.
It may be that penguins too are inclined to penguinomorphize humans, and this definitely happened a few weeks later when, during an expedition on foot, as I was accompanying an international delegation of ten biologists, we encountered a caravan of Emperors, the largest of their kind. Them, the penguins, all in a row, us, the humans, all in a row. Two colonies similarly on a trek, the penguins toward the coast in search of food, we from the coast towards the interior, to reach the coldest regions inhabited by the Emperors. They, we, were experiencing the same solitude in a sea of ice and snow, and the same concerns. When they arrived at a respectful distance, the head of the Emperor penguins, a very large, important creature of their species, stretched out his neck toward us in a deep bow and with his beak against his chest made a long, gurgling speech. When he had finished his speech, still in that deferential position, he stared up into the eyes of Jacques, the head of the delegation, to see if he had understood. Neither Jacques, the most experienced ethologist, nor anyone else could understand that discourse.

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