Prix de littérature de l’Union européenne

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Auteurs primés

Laurence Plazenet, France

A propos de l'auteur:

Laurence Plazenet est née à Paris en 1968. Convaincue qu’elle écrira dès l’âge de cinq ans, lectrice passionnée, elle veut aussi apprendre. Ancienne élève de l’École normale supérieure de la rue d’Ulm, agrégée de Lettres classiques, docteur ès Lettres, elle commence à enseigner en Sorbonne, après avoir également étudié à l’université de Princeton, en 1994. Mais, alors convaincue de n’avoir rien à dire qui vaille une page de papier imprimé, elle a décidé de se taire. Pendant dix ans, elle se consacre à des travaux universitaires qui lui paraissent du moins une manière probe de servir la littérature. Elle rompt le silence en 2005 avec L’amour seul (Albin Michel), puis La Blessure et la soif (2009) et Disproportion de l’homme (2010), parus chez Gallimard. Maître de conférences de Littérature française (HDR) à l’Université de Paris-Sorbonne, membre du CNRS, membre de l’Institut universitaire de France, vice-présidente de la Société des Amis de Port-Royal, Laurence Plazenet a entamé la composition d’un quatrième roman.

Editeur:

Albin Michel
22 rue Huyghens
75014 Paris - France
Tél : +33 (0)1 42 79 10 00
Fax : +33 (01) 43 27 21 58
http://www.albin-michel.fr/

Contact: Claire Delannoy, Responsable éditoriale - Claire.Delannoy@albin-michel.fr

Editions Gallimard
5, rue Gaston-Gallimard
75328 Paris cedex 07
Tél. : +33 (0)1.49.54.42.00 - Fax : +33 (0)1.45.44.94.03
Website : http://www.gallimard.fr/

Contact person: Pascale Richard, attachée de presse, pascale.richard@gallimard.fr

Agent / Directeur des droits:

Solène Chabanais
Solene.CHABANAIS@albin-michel.fr
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Droits étrangers:

Droits cédés à :

Livre primé:

L'amour seul

Synopsis:

Mlle  Louise Catherine d’Albrecht n’a que quinze ans lorsqu’elle rencontre l’amour. Elle a perdu sa mère très jeune et son père l’a élevée avec rigueur, sans aucune démonstration d’affection tout en la couvrant anonymement de cadeaux.

Beaucoup plus âgé qu’elle, Monsieur de Ramon, son précepteur, suscitera ses premiers émois physiques et deviendra son amant clandestin. D’abord tourmentée, alternant l’abandon et la retenue, Louise Catherine d’Albrecht va peu à peu s’offrir corps et âme à l’homme qui l’a séduite. Monsieur de Ramon véritable pygmalion, fera découvrir à Mlle d’Albrecht  les plaisirs de la chair et de l’esprit mais lui fera subir la torture de la jalousie et les affres de l’absence. Lorsque son père l’obligera à quitter la ville pour retourner vivre à la campagne, Mlle d’Albrecht sera sous la surveillance de Mlle d’Ambricourt, sa jeune tante austère.

Plus tard, de retour à Paris, Mlle d’Albrecht attendra son amant qui ne réapparaîtra pas, et s’enfoncera petit à petit dans une mystique et une piété anxieuses. Elle s’intéressera peu à peu aux indigents et apprendra des rudiments de médecine pour les soigner et revenir, par ce détour, au corps. Elle s’installera dans une vie aux côtés de son père Jusqu’à ce qu’une fatale chute de cheval la laisse orpheline.  Mlle d’Albrecht consacrera désormais sa vie à l’étude et la rédaction d’un premier livre. C’est grâce à  ce livre et ses mots que Monsieur de Ramon lui reviendra. Ils s’aimeront  d’un amour absolu jusqu’à ce que Monsieur de Ramon, se sentant trop vieux, pas assez digne de l’éclat de son amante, décide de la quitter définitivement alors qu’elle est enceinte.  Elle perdra sa petite fille quand elle atteindra six ans et s ‘enfoncera désormais dans une vie de solitude et d’écriture, puissamment emplie du souvenir de son amant et des fantômes de son désir. Mlle d’Albrecht entretiendra une correspondance unilatérale avec son amant et finira sa vie dans l’ascèse, exacerbée par le désir fantôme et hâtant sa fin prochaine en soignant les victimes d’une épidémie.

Extrait:

Quand sa femme était morte, Monsieur d'Albrecht avait refusé de s'écarter du corps qu'elle avait déserté. Il était resté agenouillé, ses mains jointes à celles de son épouse. Il n'écoutait pas les prières des prêtres ni les objurgations de ses domestiques. Il regardait les paupières closes de Madame d'Albrecht. En esprit, il les baisait; dans la nuit de leur chambre, il caressait ses seins. C'était troquer une obscurité pour une autre. Deux grands cierges disposés de chaque côté du lit mettaient à peine une lueur sur ce dernier conciliabule.
Son fils vint à parler à Monsieur d’Albrecht. Le jeune homme ne se sentait guère le droit de prononcer les remontrances qu’on lui avait dites. Il se tenait gauchement, les yeux rivés sur le cadavre de sa mère. Le veuf l’ignora. Le garçon attendit un moment, puis il sortit.
La nuit passa.
Au matin, on mena sa petite fille à Monsieur d’Albrecht. Elle marchait à peine. Ses joues étaient roses. Elle ne le divertit pas. Il se leva d’abord avec un mouvement de colère. Puis, il s’immobilisa et il demeura glacé devant l’enfant. Il trouvait qu’elle ressemblait à Madame d’Albrecht d’une façon qui le saisissait. Elle entrouvrait les lèvres de la même manière. Ses cils battaient à la même vitesse. L’intensité noire des pupilles qu’ils abritaient était identique. La fillette avait éclaté en sanglots. Il avait ordonné, dans un souffle, la bouche sèche, qu’on l’ôtât de sa vue.
Monsieur d’Albrecht était un homme plein de morgue, très instruit, taciturne. Il fuit sa fille. Il commanda qu’elle habitât un corps de logis éloigné de celui où il se tenait lui-même et qu’elle ne parût nulle part. Il restait des semaines, des mois parfois, sans la rencontrer. Un jour d’été, dix ans plus tard, il raccompagnait des hôtes jusqu’à la première cour de sa maison, il entendit à sa gauche, venant d’une galerie suspendue, une voix dont l’intonation était la même qui, toutes les nuits, résonnait encore à ses oreilles. Son ciel se voila. Il fut secoué d’un tremblement. Il gémit. Il fit venir la coupable devant lui. Il la surplombait entièrement. Il voyait la piqûre au sommet de sa coiffe. Il ne trouvait pas ses mots. Les autres le dévisageaient. Il se reprit. Sa colère était immense. Il eût voulu battre celle dont les lèvres avaient laissé échapper ce son, ravivant jusqu’à l’extase le tourment qu’il croyait dissimuler au monde.
En cachette, il la comblait.

Plus d'informations sur l'auteur avec extrait en v.o. et EN ou FR (PDF)

Autres travaux:

La Blessure et la soif 2009

ISBN-10: 2070126358 ISBN-13: 978-2070126354 Paris, Galimard

Disproportion de l’homme 2010

ISBN: 978-2-07013-091-7 ISBN PDF : 978-2-07241-539-5 ISBN ePub : 978-2-07241-538-8 Paris, Galimard