Prix de littérature de l’Union européenne

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Auteurs primés

Ben Blushi, Albanie

A propos de l'auteur:

Ben Blushi est né à Tirana en 1969. Il a étudié à l’Université de Tirana, et a reçu un diplôme pour ses études en albanais et littérature à la faculté de philologie de la la même université. Il a été l’éditeur en chef du journal Koha Jonë et en 1999 s’est embarqué dans une carrière politique dans le cabinet du Premier ministre albanais. Pendant quelques mois, il a servi comme vice-ministre aux affaires étrangères. À la fin de l’année 2000, il est devenu préfet de Korça et, en 2011, il a été nommé ministre de l’éducation. Blushi est actuellement un membre du parlement du Parti socialiste.

Sa relation à la littérature est à la fois personnelle et familiale. Son père est un écrivain connu en Albanie. Le talent de Blushi est arrivé à un âge mature et a été extrêmement prolifique : 4 romans en 5 ans.

En avril 2008, Ben Blushi publie son premier roman Të jetosh në ishull (Vivre sur une île) qui reçoit un immense succès. En quelques mois, le livre s’écoule à plus de 30 000 copies, un record pour le marché albanais. Ce roman de 400 pages offre au lecteur d’une vue d’ensemble de l’histoire albanaise sous l’empire ottoman (XVème-XVIIIème siècle) narrant de manière quelque peu controversée l’islamisation du pays. Un an plus tard paraît son deuxième roman Otello, Arapi i Vlorës, qui sera suivi en 2012 par Shqipëria (Albania). Avec le roman Othello, Ben Blushi reçoit en 2009 le prix de « L’auteur de l’année » à la Foire du livre de Tirana. Mis ensemble, ses trois romans forment un triptyque, symbole d’une nouvelle littérature albanaise de qualité et représentant un phénomène culturel qui mérite de franchir les frontières albanaises dans la décennie à venir. Enfin, en avril 2014, Blushi a publié un livre d’essais intitulé Hëna e Shqipërisë.

Le nom de Blushi et son oeuvre ont bousculé la littérature albanaise : des dizaines de milliers de livres ont été vendus et ont généré de nombreux débats dans les médias et les cercles littéraires.

Au cours de ces 20 dernières années, Blushi est considéré comme étant l'écrivain albanais ayant vendu le plus de livres.

Editeur:

UET Press
Blv. "Gjergj Fishta", Nd 70,
H1, Tirana - Albania
Tel.: 0694793360
www.uet.edu.al/index.php/uet-press

Agent / Directeur des droits:

Nathanaili Valbona
valbona.nathanaili@uet.edu.al
http://www.uet.edu.al/
tél: +355 694793360

Droits étrangers:

Livre primé:

Otello, Arapi i Vlorës (Othello, Arap of Vlora), 2009

Synopsis:

Le style narratif, la richesse de langage et l’érudition profonde que l’on retrouve dans le roman Otello, Arapi i Vlorës, le placent parmi les œuvres les plus belles et les plus abouties de la littérature albanaise. L’intrigue se situe entre 1300 et 1400, dans deux villes bien connues du Moyen-Âge, Venise et Vlora, entre lesquelles les relatons commerciales et politiques étaient forts nombreuses. La toile de fond historique est réaliste et la griffe littéraire de l’auteur est si étroitement liée aux faits historiques qu’il semble que c’est à Vlora que tous ces évènements se sont produits et que Shakespeare les a simplement transposés dans la ville de Venise.

L’un des éléments les plus fascinants du livre, est la façon dont Blushi a créé ses personnages, qui ont été inspirés de la célèbre tragédie de Shakespeare "Othello, le Maure de Venise", dans les mêmes rôles, mais qui évoluent dans ce roman près de 100 ans avant la naissance du grand tragédien. Othello, Desdémone, Emilia, Iago, Cassio, etc, sont des figures incontournables de la littérature classique, mais dans ce roman,  en plus d’évoluer à Venise, ils apparaissent principalement à Vlora où ils interagissent avec de nombreux personnages captivants  tels que le célèbre médecin, Stefan Gjika; le jeune garçon courageux de Vlora, Andrea; l’envahisseur turc, Hamiti, etc.

Otello, Arapi i Vlores est avant tout une histoire d'amour. Il est impossible de réunir Othello, Desdémone et Iago sans jalousies, trahisons, intrigues, méchanceté, souffrance et meurtre, dans une société sclérosée par ses habitudes et la malhonnêteté. C’est bien le cadre historique de deux villes médiévales célèbres des côtes nord de la Méditerranée, qui a inspiré l’auteur pour exprimer ses idées et sentiments à propos des relations socio-spirituelles et des caractéristiques essentielles de l’époque. Mais le sujet principal d’Otello, Arapi i Vlorës, c’est avant tout l’amour ou la façon dont ce dernier peut changer un destin et le cours des choses, souvent pour toute une société et à travers les époques.

Extrait:

Traduit par Saverina Pasho


Othello ne connaissait pas l’amour, cependant son cœur était assez grand pour le porter et assez patient pour l’attendre. Lorsqu’il habitait le désert, il était petit, arrivé à la Sérénissime il était esseulé, alors qu’à Vlora il était apeuré. Lors de ces trois voyages de sa vie, il ne pensa jamais à l’amour, car quand on est petit, esseulé et effarouché, on songe volontiers à des choses simples comme la joie, l’amitié et la sérénité. Mais, à mesure que le cœur de l’homme grandit, l’amour grandit aussi. Stéphane Gjika, ayant vu le cœur d’Othello, dit qu’il était plus rouge que celui des autres. Stephan Gjika n’aurait pas échangé son cœur pour le sien, pour ne pas éprouver davantage de souffrances, naturellement ; mais il pensait qu’Othello était prêt pour l’amour. C’est ainsi qu’un jour il lui demanda: Sais-tu ce qu’est l’amour ? À son grand étonnement, Othello réagit comme un homme et non comme un enfant, et répondit oui.


Qu’est-ce que l’amour, alors? demanda-t-il de nouveau. Othello regarda par la fenêtre en clignant des yeux comme pour se rappeler mot à mot quelque chose qu’il devait bien connaitre, et dit: L’amour est la relation entre un homme et une femme. Et c’est tout? Continua le médecin. Il ya relation aussi entre un frère et une sœur, n’est-ce pas? L’amour entre frère et sœur passe par les parents, répondit Othello. L’amour entre l’homme et la femme passe par les enfants. Stéphane Gjika eut alors l’impression de parler à un cactus du désert qui n’aurait vu que ses racines, jamais le feuilles. Othello avait une fleur dans son cœur et un cactus dans sa tête, mais il l’ignorait. Dans le désert, on lui avait enseigné que l’amour est, évidemment, un berceau rempli de bébés, et que si un mari et une femme n’avaient pas d’enfants, pourquoi s’aimeraient-ils. Il n’est pas encore prêt pour ce monde, se dit le médecin et ses petits yeux se dilatèrent comme s’ils avaient trouvé une oasis au beau milieu des sables. Un homme et une femme peuvent s’aimer même s’ils n’ont pas d’enfants, dit-il à Othello. Si cela est vrai, Marco Polo et la grand-mère d’Albano Contarini ne se seraient jamais aimés, répondit Othello naïvement. Stéphane Gjika se mit à rire. Le cactus d’Othello avait commencé à boire l’eau du creux de sa main. Il connaissait chaque partie, chaque veine, chaque fibre du corps d’Othello, mais cela ne lui suffisait pas: Il était un sacré curieux qui croyait que le corps humain est relié à la tête tout comme la terre au ciel; que, si le ciel ne versait pas d’eau, la terre brûlerait et que si la terre n’exhalait pas les vapeurs, le ciel ne verserait pas d’eau. S’il n’avait pas été aussi curieux, il ne serait pas devenu médecin, mais jardinier ou peut-être marchand et alors il aurait dédié sa conscience et ses efforts aux choses, non aux hommes. Il avait choisi les hommes et, dès lors, ses yeux fouillaient leur corps et leur esprit.

Plus d'informations sur l'auteur avec extrait en v.o. et EN ou FR (PDF)

Autres travaux:

Të jetosh në ishull

First edition, Tirana: Publishing House "Toena", 2008. Second edition, Tirana: Mapo Editions, 2011.

Shqipëria

Tirana: Mapo editions, 2011

Hëna e Shqipërisë

Tirana: UET Press, 2014