Pick Language

Birgül Oğuz

Portrait of Birgül Oğuz

Née en 1981 à Istanbul, Birgül Oğuz a obtenu sa licence en littérature comparative et son master en études culturelles à l’université Bilgi d’Istanbul. En 2006, elle a remporté la bourse Hazel Heughan dédiée au programme « Modernisme-Postmodernisme » de l’université d’Edimbourg.
Birgül Oğuz est l’auteur de deux livres de fiction : Fasulyenin Bildiği (2007) et Hah (2012). Ses nouvelles, essais, articles et traductions ont été publiés dans des magazines littéraires et des journaux turcs tels que Varlık, Notos Öykü, Dünyanın Öyküsü, Roman Kahramanları, Remzi Kitap, Radikal Kitap, İzafi, Duvar, Parşömen, Birikim et Felsefe Logos.
Durant l’hiver 2013, elle a été invitée à occuper un poste d’écrivain résident, par le programme « quartier21 » au MuseumsQuartier à Vienne. Actuellement, Birgül Oğuz prépare un doctorat en littérature anglaise à l’université Boğaziçi et, en même temps, elle donne des cours d’analyse de textes et de roman européen dans les académies Moda Sahnesi et Nazım Hikmet d’Istanbul.

  • EUPL Year: 
    2014
  • EUPL Country: 

Winning Book

Hah (Aha)

« Hah » compte huit histoires et demie qui constituent une réflexion sur la psychologie du deuil et de la mélancolie, tout en se concentrant sur la politique du deuil en particulier. Ce recueil de nouvelles, qui se lit comme un roman, commence par la perte d’un père adoré, issu de la génération de 68. Cette dernière a été brutalement traitée par l’Etat turc durant les évènements survenus dans le contexte du coup d’État militaire de 1980. Bien que ce père ait résisté d’une certaine manière à ces évènements atroces et ait vécu pour assister aux changements des décennies suivantes, il était empli d’amertume et incapable de se remettre de la perte qu’il avait subie. Ainsi, le récit commence sur le ton manifeste d’un deuil individuel, celui de sa fille, qui, en s’efforçant de surmonter la perte de son père, se rend progressivement compte qu’à moins d’assumer elle-même le travail de deuil qu’il avait été incapable d’accomplir, elle ne sera pas en mesure de le pleurer décemment. Cependant, il s’agit d’un problème de deuil collectif et ce, dans un État qui nie les crimes qu’il a commis, rendant donc le deuil collectif impossible. Par conséquent, « Hah », tout en étant à la recherche d’un nouveau moyen d’expression littéraire qui transformerait une perte traumatisante en un profond récit narratif, cherche à répondre à ces questions : comment peut-on faire son deuil quand celui-ci est impossible ? Comment peut-on écrire à propos du deuil quand on ne trouve pas la façon de le raconter ? Et comment peut-on ne pas écrire quand écrire représente le seul moyen de faire son deuil ? Dans « Hah », l’intervention du temps dans le processus de deuil se manifeste comme étant l’intervention du deuil dans le langage. « Hah » est une œuvre qui cherche, trouve, essaye, utilise et abandonne de nombreux types de techniques littéraires et ce, dans le but d’exprimer la Perte (c’est-à-dire, la « perte » avec un grand « P ») qui est indescriptible. C’est un texte qui insiste sur le côté littéraire de chaque discours, discours politique inclus. Extrêmement intertextuel, « Hah » s’inspire d’une pléthore de textes allant de l’Ancien Testament à la poésie européenne du XXe siècle, des ghazals du XVIe siècle aux vers turcs contemporains, des bases de la littérature turque, avec des auteurs tels que Leyla Erbil, Oğuz Atay et Bilge Karasu, à des auteurs étrangers comme James Joyce et William Shakespeare, des hymnes des ouvriers aux chansons populaires. En définitive, c’est une œuvre qui - tout en étant le produit d’une époque et d’un endroit spécifiques – suscite un écho chez tous ceux qui ont un jour subi une perte. C’est là où se situe son universalité particulière.

Cover of Hah

Publishing House

Address: 

İpek Sokak No.5, Beyoğlu, 34, Turquie

Phone No.: 
+90 212 2454696
Organisation: 
Metis Publishing Ltd.

Translation Deals

  • Albania: Fan Noli
  • Brazil: Bertrand Brasil
  • Bulgaria: Perseus
  • Croatia: Edicije Božičević
  • France: Galaade
  • North Macedonia: Antolog
  • Georgia: Elf Publishing House
  • Hungary: Typotex
  • Italy: Atmosphere Libri
  • Lebanon: Arab Scientific Publishing
  • Netherlands: De Geus
  • Poland: Jagiellonian University Press - JUP
  • Serbia: Heliks
  • UK: World Editions

Excerpt

Translated by Amy Spangler

 

'Your Soul of Salt' (pp. 29-30)

 

It was back in the days when I measured my weight by the teaspoon.

 

An incessant rain of chalk dust would weigh heavy on my eyelids. I never spoke on the way home. As the light of day bent, fading away, stitch by stitch the thread binding me to the world would come undone. One half of me would fall asleep, the other, silent.

 

At the knock-knock on the door in the evening, I would shake the dust from my eyelids and ask, “Who’s there?” That’s when father would enter. And with him, the drone of the world. And the drone of giant black turbines, the burble of acidic plaster, the noise of files and hammers, the smell of burnt oil and polyester, all of these would enter. He would enter, dragging his feet. I would grow up, knowing. I would take the saltpepperbread to the table.

 

When 'A Nation at Work' came on, ha-ha, right!, corns of wheat would fly across the screen, a potato dish would traverse the table and rice and pickles and tractors (you shouldn’t call the teacher “shit” sweetheart), it was a massive mess all over, bread crumbs, salt, threads, empty spools (God very well could have spoken to “noses” rather than “Moses” sweetheart, don’t be hard on yourself), when the plates were emptied we would gather the individual crumbs on the tips of our individual fingers, we could not let our eyes meet because the shame of being full would come between us, (but don’t let yourself get nailed to the wall like that again, okay, sweetheart, just keep the word proletariat to yourself), meanwhile the stomachs of right-wing chestnuts had already burst, having gorged themselves on the blood of workers, but the conquest of the sun was near, (you are the salt of the earth, don’t forget that), but there was no surge, just the limping likes of me with headline fonts on their butt, the noise of remembering was thick and had glued everyone to their homes, wheat rained down, as if snow falling but (to remember you have to forget, sweetheart, whatever you do, never forget), falling and falling, piling up on the middle of the table, three fingers thick, salt and snow were one and the same to our eyes, we would wait in respectful silence and before long he would come, Lenin, no taller than a salt shaker,

Contact Details

Other Details

Supporting Document: 

Watch Birgül's Video