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Lada Žigo

Portrait of Lada Žigo

Lada Žigo est un écrivain croate, née à Zagreb en 1970 et diplômée en littérature comparée et philosophie de l’université de Zagreb. Elle écrit depuis des années des critiques littéraires ainsi que des essais pour divers journaux, revues culturelles et revues littéraires (comme The BridgeEuropski glasnikRepublikaKnjiževna republikaKoloNova Istra etc.). Elle est également à la tête d’un panel littéraire au sein de l’Association des Ecrivains Croates.

Son premier livre, Ljudi i novinari(People and News People) publié en 2007 par Sysprint  a été sélectionné pour deux prix littéraires prestigieux- Ksaver Šandor Gjalski et Kiklop.  Dans cet ouvrage, Lada Žigo s’intéresse à la presse à sensation et à son influence à la fois sur la vie quotidienne et la vérité elle-même. Malheureusement, cette dernière demeure bien souvent profondément enfouie et n’est finalement découverte que très tard.

Son deuxième roman (Babetine, (Bitches) SysPrint 2009)  prenait parti contre le phénomène alors en vogue de « l’écriture féminine ».

En 2010, Lada Žigo publie le roman Rulet (Roulette, SysPrint),  qui présente le jeu comme seul espoir pour ceux qui vivent dans une société « transitoire » sans perspective d’avenir. Ce roman,  profondément existentiel, contient aussi des éléments propres au thriller. Il raconte l’histoire d’un homme qui tente d’être plus malin que la roulette, qui représente ici le destin, en jouant avec les nombres un jeu inattendu.

 En 2011, est publié le roman Iscjelitelj ( Healer, Alfa) dans lequel elle décortique une autre curiosité de cette société « transitoire »- les guérisseurs et les diseuses de bonne aventure qui manipulent les gens et leur ôtent leurs derniers espoirs. Ce roman plein d’humour confronte le traditionnel Dalmatinska Zagora au « nouveau » langage des magnats contemporains.

 Lada Žigo est membre de l’Association des Ecrivains Croates et de l’Organisation des Artistes Croates Freelance. Elle vit et travaille à Zagreb.

Winning Book

Rulet (Roulette)

Le roman Rulet de Lada Žigo décrit la Croatie d’après-guerre, une description bien différente de celles auxquelles ont été habitués les lecteurs Européens depuis plus de vingt ans. Elle repose sur plusieurs éléments, qui sont les suivants : plus d’un milliard de kunas sont dépensés chaque année au jeu, et il existe plus de 50 000 joueurs compulsifs en Croatie ; il y a plus de maisons de jeux et de casinos en Croatie (pour 4,5 millions d’habitants) qu’il n’en existe à Londres ; la vente des banques, firmes et entreprises croates aux investisseurs et entreprises étrangers ne représente qu’un aspect parmi tant d’autres du capitalisme sauvage qui mène à l’exploitation à tous les niveaux, exploitation suivie par un chômage en constante augmentation et des conséquences désastreuses, comme l’extrême pauvreté pour de nombreuses personnes. Métaphoriquement parlant, les gens deviennent comme des billes de roulette, dans un jeu où seuls les puissants croupiers peuvent être gagnants. Le personnage principal de ce roman existentiel est un soldat désabusé, qui commence à jouer après avoir découvert que les puissants dirigeants serbes et croates sont unis dans le crime. Parallèlement, l’américanisation de la culture et de la langue ôtent encore un peu plus de souveraineté à ce « petit pays ». Le travail de la population, ses chances et ses espoirs sont détruits par l’environnement du capitalisme libéral. Déçu et désabusé, le personnage principal s’adonne à la roulette, un jeu qui devient celui de la destinée, dans lequel on peut tout gagner ou tout perdre. Organisé en une succession d’épisodes, le roman regorge aussi de nombreux personnages secondaires qui racontent leur propre histoire tragique, de vies en marge de la société. The main character of this essentially existentialist novel is a disillusioned soldier who starts to gamble after he finds out that powerful Serbian and Croatian leaders are united in crime. At the same time, the Americanisation of the culture and language is further annulling the sovereignty of this “small country”. People’s jobs, chances and hopes are being squandered in the environment of liberal capitalism. Disappointed and disillusioned, the main character in Žigo's novel indulges in playing roulette, a game that becomes one of destiny in which one can win or lose all. Organized as a series of adventurous episodes, the novel also introduces a plethora of side characters who tell their own tragic stories of life on the margins of society.

Cover of Rulet

Publishing House

Address: 

XIV Trokut 8A, Zagreb, Croatie

Email Address: 
Phone No.: 
+3 85 (0)1/6 55 87 40
Organisation: 
Sysprint

Translation Deals

  • Albania: Fan Noli
  • Bulgaria: Paradox Act EEOD
  • FYROM: Antolog
  • Italy: Mimesis Edizioni SRL
  • Slovenia: Založba Pivec
  • Spain: Ediciones Paso de Barca

Excerpt

Translated by Tamara Budimir

 

Ilica Street was once again deserted. It was three in the morning. They were walking towards the Zagreb Brewery. Ante was looking down at the asphalt. The professor was looking up at the sky. But they seemed to be gazing at the same plane.

 

«Professor», said Ante halting suddenly and holding onto the metal fence whilst gazing at a tree. «This evening I blackmailed a lowlife. Do you think this is a moral act? » he asked, pulling at the metal rod of the railing, as if he wanted to pull it out.  

 

«There are no morals. Morals do not exist», answered the professor calmly. He stopped, coughed and then continued:

 

«We live in a society without morals, Ante, my young man. It’s a question of rights and power. One needs must go with the other, but often this is not so. There is power without rights, like politics, corruption...»

 

Ante hesitated. «I know», he said quietly and slowly continued walking.

 

«But there are rights without power. We have our human rights – the right to a flat, to a job, to retirement, but we lack power. Rights without power – what a laugh. So said the great  Pascal.»

 

«Last night I blackmailed a lowlife. I took his money. I took sullied money off a man who threw me onto the street. God damn it! Should I have lashed out or simply taken it? What do you think about that, professor?»

 

«When a man claims his rights by law, but does not have the power», began the professor raising his forefinger, «then he lashes out at those who wield the power, but do not have the right to do so. And revenge is logical. Revenge is mostly motivated from without, rarely from within. There are very few psychopaths. Madmen are usually ordinary people, who have fallen victim to society.»

 

«Explain, professor! What about hate… is hate a logical result of one who tends towards what is right?» asked Ante in a fluster, as if he had not blackmailed someone the night before but simply been meditating.

 

«Do you know how a pessimist is born? » asked the professor taking Ante by the hand. He looked him straight in the eyes. «When an idealist experiences a number of setbacks.»

 

«And then others, and others, and others…», added Ante and smirked.

 

«And then... once the idealist realises that ideals do not exist, then his world is turned upside-down», continued the professor, stroking his beard and then stopped again.

 

«Once you realise that life is run by coincidence, and not by a system or logic, and if you still favour systems, them the illogical throws you out of joint.»

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